Déjà plus d'un mois qu'elle est là. Qu'on redécouvre combien la vie avec un nouveau-né est belle et difficile à la fois. Oui, je l'avoue, j'avais oublié.

 

C'était le 9 mars, et je ne savais pas encore que j'étais tout au bout du plongeoir, que dans quelques points de suspension elle serait là. J'ai quitté la maison pour ce rendez-vous de contrôle, et sans le savoir je n'y reviendrais qu'avec toi dans les bras. On m'a dit qu'il fallait que tu naisses, et je n'étais pas contre cette idée, après tout tu étais déjà 3 jours en retard. Ce n'était pas mon accouchement rêvé, moi qui avais prévu une naissance la plus naturelle possible, mais soit, j'étais prête à tout pour que tu naisses en bonne santé.

 

Alors nous avons passé la nuit à l'hôpital, j'ai dormi à côté du petit berceau en plexiglas, en essayant de t'imaginer dedans dans quelques heures.

 

Et puis le matin du 10 mars, à 8 heures précises, on s'installe dans cette salle de naissance où dans quelques heures résonnerait ton premier cri. J'ai un peu peur. De la douleur, d'une éventuelle césarienne si tout ne se passe pas comme prévu. La gentille sage-femme me pose une perfusion, et puis on attend. 9H30, péridurale posée. Vers 10h30, on perce ta poche des eaux, quelle sensation étrange. On pose un petit capteur sur ta tête. Et puis on attend. Les contractions montent et descendent façon montagnes russes sur le monitoring. 3 cm, 4 cm. J'ai mal. Ton coeur ralentit parfois pendant les contractions qui sont très fortes et toutes les 2 minutes. J'ai peur. 13h00, 5 cm. J'ai mal. Je le dis, on me réinjecte une dose de produit. Mais j'ai mal, très mal. Et là je me dis que j'ai encore plusieurs heures à tenir, et je commence à paniquer, tant la douleur est forte. 13H45, la sage-femme m'annonce que en 45 minutes mon col est passé de 5 à 10 cm. Je comprends mieux pourquoi je souffre à ce point. Ca y est, tu arrives. J'ai toujours très mal, mais je sais que tu es toute proche, et toute cette douleur prend un autre sens.

 

En 3 poussées, tu es là. Je suis tellement surprise que je n'ouvre pas les yeux tout de suite. On me dit de tendre les bras, et je sens pour la première fois ta peau tendre et gluante sous mes doigts. Tu plonges tes yeux noirs dans les miens et puis tu cries. Tu as plein de cheveux foncés collés sur ton petit crâne. On est là , tous les 3, et le temps s'arrête.

 

 

Adèle, petite géante de presque 4 kilos et 54 cm, notre deuxième fille. Et l'aventure continue.