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Et courir avec toi vers la mer

Le 9 juillet 2015, 15:28 dans Maternité 2

Tu t'opposes, tu cries, tu hurles

Tu te débats, te roules par terre même.

Tu me rends folle, je me dis que tu n'es jamais contente, que tout est conflit,

Que je rate quelque chose, que tout part en vrille.

 

Et puis je prends ta petite main dans la mienne,

« On court ? »

Et nous voilà parties, tes petits cheveux blonds au vent,

Et ce son,

Celui de ton rire.

Ton rire, il me va droit au coeur et me bouleverse.

Tu ris avec tout ton petit corps.

Ton rire est total et sans concession,

Sans aucune arrière-pensée.

 

Courir avec toi vers la mer, ma douce.

Courir et t'entendre rire encore et encore.

Et en cet instant parfait ne plus penser à rien, qu'à toi

Et ces notes cristallines qui cascadent

Au rythme de notre course sur le sable.

 

Se dire que si c'est dur, toujours il y aura cette plage.

Ces endroits où revenir quand la tempête en toi fait rage.

Garder en moi ces souvenirs, ton rire contre ma colère,

 

Le soleil après la tempête.

 

La petite grande soeur

Le 26 mai 2015, 17:33 dans Maternité 4

Je me souviendrai toujours de cette image : ma « grande » fille qui s'avance vers sa petite soeur et moi avec un petit sourire timide, une rose blanche à la main qu'elle me tend. J'ai accouché 4 heures avant, je suis dans un tourbillon d'émotions, et elle me semble soudain immense, ma grande de 2 ans.

Tout de suite elle a su, que ce bébé dans mes bras était sa petite soeur, qu'elle était sortie de mon ventre, que c'était la fameuse Adèle dont on lui avait tant parlé. Elle nous a surpris, nous qui n'étions pas certains qu'elle comprenait ce que nous lui expliquions depuis des semaines, à l'aide de mots et de livres. Souvent elle nous ignorait, détournait la conversation. En fait elle savait, bien sûr qu'elle avait tout compris.

 

Elle lui a touché doucement la joue, lui a fait un bisou. Elle était curieuse de la découvrir, mais aussi très excitée d'avoir reçu un nouveau ballon à la boutique de l'hôpital, et ne sachant décider lequel des deux événements allait retenir son attention, elle papillonnait de l'un à l'autre. Comme si le fait de devenir une grande soeur était tout compte fait aussi naturel que de recevoir un ballon Frozen gonflé à l'hélium.

 

Moi qui craignais crises de jalousie, colères et piétinements en tous genres, j'ai découvert en mon aînée une grande soeur attentive, câline, et même patiente, ce qui, quand on connaît son caractère un peu sanguin, relève presque du miracle. Tout cela s'est fait très naturellement, presque comme si la petite soeur avait été toujours là. « Mon soeur », « Ma Dèle », comme elle l'appelle, qu'elle réclame dès que possible de tenir dans ses bras.

 

Alors bien sûr tout n'est pas tout rose, elle sait très bien nous faire comprendre qu'elle ne nous laissera pas lui donner moins d'attention. Elle teste, me réclame un biberon quand elle me voit m'installer pour allaiter sa soeur. Demande en chouinant que son père mette Adèle « dans son parc » quand elle estime qu'elle est restée suffisamment longtemps dans ses bras et que c'est à son tour. Je ne la laisse jamais seule dans une pièce avec elle, car parfois elle a de petits gestes brusques : tirer l'air de rien sur un orteil, mettre un doigt dans sa bouche...

 

Ma petite grande soeur, mon premier bébé devenue fillette, qui a su accueillir avec toute son innocence et sa fraîcheur ce bouleversement intense pour notre petite famille.

 

 

(re)Naissance

Le 25 avril 2015, 20:45 dans Maternité 5

Déjà plus d'un mois qu'elle est là. Qu'on redécouvre combien la vie avec un nouveau-né est belle et difficile à la fois. Oui, je l'avoue, j'avais oublié.

 

C'était le 9 mars, et je ne savais pas encore que j'étais tout au bout du plongeoir, que dans quelques points de suspension elle serait là. J'ai quitté la maison pour ce rendez-vous de contrôle, et sans le savoir je n'y reviendrais qu'avec toi dans les bras. On m'a dit qu'il fallait que tu naisses, et je n'étais pas contre cette idée, après tout tu étais déjà 3 jours en retard. Ce n'était pas mon accouchement rêvé, moi qui avais prévu une naissance la plus naturelle possible, mais soit, j'étais prête à tout pour que tu naisses en bonne santé.

 

Alors nous avons passé la nuit à l'hôpital, j'ai dormi à côté du petit berceau en plexiglas, en essayant de t'imaginer dedans dans quelques heures.

 

Et puis le matin du 10 mars, à 8 heures précises, on s'installe dans cette salle de naissance où dans quelques heures résonnerait ton premier cri. J'ai un peu peur. De la douleur, d'une éventuelle césarienne si tout ne se passe pas comme prévu. La gentille sage-femme me pose une perfusion, et puis on attend. 9H30, péridurale posée. Vers 10h30, on perce ta poche des eaux, quelle sensation étrange. On pose un petit capteur sur ta tête. Et puis on attend. Les contractions montent et descendent façon montagnes russes sur le monitoring. 3 cm, 4 cm. J'ai mal. Ton coeur ralentit parfois pendant les contractions qui sont très fortes et toutes les 2 minutes. J'ai peur. 13h00, 5 cm. J'ai mal. Je le dis, on me réinjecte une dose de produit. Mais j'ai mal, très mal. Et là je me dis que j'ai encore plusieurs heures à tenir, et je commence à paniquer, tant la douleur est forte. 13H45, la sage-femme m'annonce que en 45 minutes mon col est passé de 5 à 10 cm. Je comprends mieux pourquoi je souffre à ce point. Ca y est, tu arrives. J'ai toujours très mal, mais je sais que tu es toute proche, et toute cette douleur prend un autre sens.

 

En 3 poussées, tu es là. Je suis tellement surprise que je n'ouvre pas les yeux tout de suite. On me dit de tendre les bras, et je sens pour la première fois ta peau tendre et gluante sous mes doigts. Tu plonges tes yeux noirs dans les miens et puis tu cries. Tu as plein de cheveux foncés collés sur ton petit crâne. On est là , tous les 3, et le temps s'arrête.

 

 

Adèle, petite géante de presque 4 kilos et 54 cm, notre deuxième fille. Et l'aventure continue.

 

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